Situé sur la commune de Port Saint-Père en Loire-Atlantique au cœur du Pays de Retz, le château de Briord est aujourd'hui peu connu.
Au commencement :
Le château que je découvre aujourd’hui a été construit en 1770 par Joseph Charette de Briord, à l’emplacement d’un ancien château fort dont les douves sont encore visibles. La seigneurie de Briord, dont l’origine remonte à 1225, exerçait les droits de haute, moyenne et basse justice sur dix paroisses dès 1437, et ce jusqu’à la Révolution.
Un peu de généalogie :
Le plus ancien seigneur connu est Séris de Rezay. Il passe ensuite dans de nombreuses mains par héritage, mariage ou encore vente.
Voici quelques propriétaires phares de Briord et :
En 1478, Pierre LANDAIS acquière le château, ce célèbre personnage entre au service du duc comme valet de garde-robe de Bretagne puis devient trésorier et receveur général de Bretagne. Il est accusé de malversation dans l'exercice de ses fonctions et sera pendu le 19 juillet 1485 à Nantes sur ordre de François II.
Le comte Michel-Adolphe Pelet de Lautrec devient le propriétaire des lieux à l'occasion de son mariage en 1850 avec Mathilde Pantin de La Guère qui l'a reçu en dot de ses parents. A la fin des années 1870, des difficultés apparaissent au sein du couple en partie dues à la conduite de leur fils, joueur et de l'influence d'un voyante recueillie par Madame. Le couple surendetté se sépare en 1878 et met en vente le château qui sera vendu bien en dessous de son prix.
Zoom sur le salon :
À l’exception du mobilier actuel et de la cheminée, ce salon est resté tel qu’il était au XVIIIe siècle. L’inventaire dressé par les Républicains nous renseigne sur son aspect à cette époque, et les boiseries y étaient déjà mentionnées. Dans l’alcôve visible sur la photo ci-dessous, une fontaine en cuivre permettait au seigneur et à ses convives de se désaltérer.
Zoom sur le salon à la billarde :
Comme son nom l’indique, ce salon abritait un billard. Très sombre, il servait sans doute également de fumoir, réservé aux hommes qui s’y entretenaient d’affaires ou de politique. Là encore, cette pièce n’a pas changé depuis le XVIIIe siècle.
11 Floréal An VI soit le 30 avril 1798 :
Sous la Révolution, il est déclaré "Bien National" et sera vendu au citoyen J-B Buron, architecte de Nantes et 2 ans plus tard c'est le citoyen Jean-Anne Dubois-Violette qui l'achète.
Zoom sur la salle à manger :
Un couloir nous emmène dans cette salle à manger dont il ne reste plus que ses magnifiques boiseries en chêne clair et sa cheminée. Un article dans la revue "La vie à la campagne" datant du 1er octobre 1911 mentionne ceci : "un buffet dans le même caractère et de superbes chaises recouvertes de cuire de Cordon complètent cet ensemble"
Zoom sur la chambre chinoise :
En souvenir de ses nombreux voyages, l'armateur Jean-Baptiste Etienne à voulu aménager à l'intérieur de la rotonde une chambre chinoise. Avec au centre un lit de mariage d'apparat en bois rouge et or et recouvrant l'ensemble de la chambre 3 soieries anciennes et brodées. Cette chambre ainsi que la chambre ottomane que l'on ne peut voir lors des visites guidées lui ont permi d'obtenir le premier prix à l'Exposition de 1889 à Paris.
Normalement réservé aux domestiques le sous-sol compte pourtant une pièce dans lequel le propriétaire des lieux et ses invités se réunissaient pour déguster les mets chassés. On y trouve également une cuisine avec des fourneaux installés par Monsieur Etienne en 1898 ainsi que la chaudière permettant de chauffer certaines parties du château.
Zoom sur la salle à manger de chasseurs :
Cette vaste pièce rectangulaire était à l'origine une cuisine c'est Monsieur Etienne qui la transforme en une salle à manger de chasseurs avec ce plafond voûté dont la clef de voûte laissait descendre "un lustre en fer forgé, figurant des branches de chardon dont les fleurs sont des ampoules". Il faut imaginer "une longue table occupe le centre de la pièce et devant les fenêtres, des bancs profonds et accueillants sont fixés dans le retrait des baies." on peut encore admirer ces derniers. Approchez vous et regardez bien les fresques sur les murs vous pourrez y voir de nombreux animaux dont certains en trompe l'œil.
Zoom sur sur la tour :
C’est le comte Michel-Adolphe Pelet de Lautrec qui fit construire cette tour de trois niveaux, parfaitement intégrée à l’architecture du château. À l’origine, elle était coiffée d’une toiture dite « en poivrière ». En 1887, le grand-père de Jean-Baptiste Étienne modifia cette couverture pour y installer le dôme que l’on peut encore admirer aujourd’hui. Il en profita également pour ajouter un étage supplémentaire, dans lequel sera aménagé plus tard la chambre ottomane, réalisée en 1899 avec Jean-Baptiste Étienne.
Zoom sur la chapelle :
En 1780, Joseph Charette de Briord fit édifier une chapelle afin de permettre aux habitants des villages alentour d’accéder au culte en toute saison. Durant l’hiver, certains village situés autour de Port-Saint-Père ne pouvaient plus se rendre à l’église en raison des crues des rivières.
Au XIXe siècle, la chapelle fut dédiée à la Vierge Marie et à St Germain. À l’origine asymétrique, elle fut agrandie en 1860 par l’ajout de l’aile droite, à l’initiative du comte Michel-Adolphe Pelet de Lautrec. La sacristie y fut déplacée afin de permettre l’aménagement d’un escalier conduisant à la tribune privée, située dans l’aile d’origine.
Mon avis :
Quel magnifique découverte, je suis principalement sous le charme de cette chambre chinoise, je n'ai jamais vu ça dans un autre château et pourtant j'en ai visité. Ce château me donne envie de faire un bon dans le passé et de voir à quoi il ressemblait à l'époque de Monsieur Etienne. Je ne peux que vous inviter à venir visiter ce château en plus c'est gratuit.
Sources :